Jean-Baptiste Berthon

Jean-Baptiste Berthon

Senior Strategist, Cross Asset Research

Lyxor Asset Management


Des hedge funds relativement attrayants par rapport aux fonds obligataires passifs

06 Aug 2018

Investment Partners

Les hedge funds ont connu une semaine mitigée. Les gérants CTA se sont repliés, affectés par leurs positions longues sur les obligations de l'UE et le secteur de l'énergie. De leur côté, les fonds L/S Equity et Special Situation ont pâti de l'instabilité du leadership et de la dynamique sectoriels.

Nous concentrons notre attention cette semaine sur les fonds Fixed Income Arbitrage (FI Arb.). Les investisseurs tablent de plus en plus sur un mouvement baissier des marchés du crédit, préoccupés par des valorisations onéreuses, par la normalisation continue des politiques monétaires et par un cycle vieillissant. Depuis le début de l'année, le crédit dégage en Europe des rendements anémiques, et négatifs sur les marchés émergents. Pourtant, les conditions de trading sont restées relativement bien orientées aux États-Unis. Les avantages découlant de la réforme fiscale, les signaux limités laissant présager d'un cycle de défaut et quelques améliorations sur le front des variables de crédit ont eu une incidence favorable. Si les attentes en matière de bêta restent globalement modérées, elles se révèlent hétérogènes en fonction des zones géographiques.

Les opportunités d'alpha du crédit se sont elles aussi révélées disparates. Dans la plupart des marchés, l'absence de thématiques et la faible différenciation des performances des titres individuels n'offrent qu'un potentiel limité aux fonds traditionnels. Cette situation se traduit par des performances fortement corrélées sur l'ensemble des secteurs et des valeurs individuelles, ainsi que par une dispersion médiocre. Plusieurs facteurs devraient toutefois plaider en faveur des fonds FI Arb. Premièrement, malgré un potentiel manifestement limité pour les titres caractérisés par des catalyseurs légers, les opportunités idiosyncratiques sont stimulées par une forte activité des entreprises et par une myriade de projets de restructuration dans les secteurs de l'énergie, du détail, des médias et parmi les émissions plus modestes. Deuxièmement, les opportunités courtes, qui ont longtemps été une source de destruction de l'alpha, sont désormais de retour dans la ligne de mire et dans les portefeuilles des gérants. Troisièmement, les arbitrages sur les marchés du crédit (généralement ciblés par des fonds multi-stratégies) offrent des opportunités d'arbitrage potentielles. La poursuite de la normalisation des politiques monétaires se traduit par une différenciation accrue des segments du crédit.

Dans ce contexte, les approches de crédit Event-Driven/Deep-value, mais aussi Structured Arb., se sont bien comportées. Les stratégies axées sur les obligations d'entreprises et convertibles ont bien tiré leur épingle du jeu, malgré des conditions difficiles. Si leur positionnement actuel s'avère prudent, ces stratégies ont réussi à dégager de l'alpha de manière constante, sans induire de portage significatif. Par contraste, les fonds concentrés sur les opérations d'arbitrage sur la dette souveraine (similaires à de nombreux égards aux fonds Global Macro) ont rencontré des difficultés. Alors que les perspectives des marchés du crédit demeurent limitées, les hedge funds nous paraissent de plus en plus attrayants en termes relatifs, puisqu'ils parviennent à extraire de la valeur là où les fonds de placement et les fonds obligataires passifs ne le peuvent pas. Nous continuons de privilégier les fonds multi-stratégies et notre exposition aux fonds L/S Corporate est neutre


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