Lionel Melin

Lionel Melin

Senior Cross-Asset strategist


L’EONIA est mort. Vive le taux de dépôt de la BCE.

01 Feb 2016

Active Strategies

Les injections de liquidité de la BCE dans le système bancaire, augmentent les réserves excédentaires  des banques et abaissent le niveau de l’EONIA :

Le but de la BCE est de stimuler le financement à l'économie réelle : le QE fournit les liquidités, et le taux de dépôt négatifs découragent les banques de thésauriser.

L’EONIA est guidé par la BCE : le taux de dépôt fait office de plancher, tandis que les réserves excédentaires des banques poussent l’EONIA vers ce plancher.

Statistiquement, une augmentation de 100 milliards d’euros de RE ferait abaisser l’Eonia de 2 bps. Nous estimons les RE à 1 T€ d’ici la fin de l’année (plus 400 milliards d’euros à minima), ce qui conduirait l’Eonia en dessous de son plancher.

 

Le système bancaire est inondé de liquidités. Les prêts interbancaires se sont taris et l’Eonia est ancré à 6 pb au-dessus du taux de dépôt.

Avec des RE représentant 6 fois les réserves reglementaires, la pluspart des banques n’a plus besoin de recourir aux prêts interbancaires (dont le volume a été divisé par 4) pour répondre aux exigences en liquidités quotidienne.

Historiquement, l’Eonia se négocie 6 pb au-dessus du taux de dépôt lorsque les RE sont surabondantes. Les pics de liquidités de fin de mois ont disparu et l’EONIA suit de près le taux de dépôt qui devient le taux directeur primordial de la BCE.

 

L’Eonia est prêt à s'enfoncer davantage en territoire négatif, le marché s’attendant à une nouvelle diminution du taux de dépôt de 10 pb au mois de mars.

Plus généralement, les taux à toutes maturités subissent une pression à la baisse.

La courbe à terme de l’Eonia anticipe une réduction du taux de dépôt de l'ordre de 20 pb à l’automne 2016.

Nous partageons le point de vue selon lequel la politique d'assouplissement sera renforcée cette année. L'accent pourrait toutefois être mis, dans un premier temps, sur l'accélération du programme de QE en mars.

Globalement, tant la partie courte (via des réductions du taux de dépôt) que la partie longue (via le programme de QE) de la courbe de l'Eurozone devraient rester soumises aux pressions de resserrement initiées par la BCE.


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